Zum Inhalt springen

Compétence en IA selon l’article 4 de l’EU AI Act : obligation, preuve, formation

Alexander Weipprecht 6 min de lecture 26 mars 2026
Compétence en IA selon l’article 4 de l’EU AI Act : obligation, preuve, formation

La compétence en IA est obligatoire depuis le 2 février 2025 : l’article 4 de l’EU AI Act (règlement (UE) 2024/1689) impose aux fournisseurs et aux déployeurs de systèmes d’IA de rendre leur personnel apte à utiliser l’intelligence artificielle. Aucun certificat n’est expressément exigé. L’application nationale débute le 2 août 2026.

Situation : 4 juillet 2026. Cet article constitue une information générale et non un conseil juridique.

Qu’est-ce que la compétence en IA au sens de l’article 4 ?

La compétence en IA est une exigence définie par la loi, et non un terme marketing. L’article 3, point 56, du règlement (UE) 2024/1689 la définit littéralement comme :

« les compétences, les connaissances et la compréhension qui permettent … d’utiliser en connaissance de cause les systèmes d’IA, ainsi que de prendre conscience des possibilités et des risques de l’IA et des préjudices potentiels … ».

L’article 4 impose aux fournisseurs et aux déployeurs de veiller « dans toute la mesure du possible » à un niveau suffisant de compétence en IA de leur personnel. Le critère dépend du contexte : il tient compte des connaissances techniques, de l’expérience et du contexte d’utilisation des personnes concernées. Un cabinet comptable qui utilise ChatGPT pour rédiger des textes a donc besoin de moins de profondeur qu’une entreprise qui exploite son propre système d’IA à haut risque. L’obligation s’applique depuis le 2 février 2025 (article 113, point a), du règlement).

Un certificat IA est-il obligatoire ?

Non. Aucun certificat n’est imposé par la loi. La Commission européenne le précise sans ambiguïté dans sa FAQ officielle sur la compétence en IA :

« There is no need for a certificate. Organisations can keep an internal record of trainings and/or other guiding initiatives. » (Commission européenne, AI Literacy Questions & Answers)

En clair : une trace interne des formations suffit. Quiconque vous vend un certificat comme une obligation légale raisonne de façon approximative. Un justificatif structuré reste néanmoins utile – non parce que la loi l’exige, mais parce qu’il fournit précisément la documentation interne recommandée par la Commission : vérifiable, datée et sans effort supplémentaire. C’est exactement à cela que sert un certificat pratique de compétences en IA.

Quelles amendes risque-t-on réellement ?

Les 35 millions d’euros souvent cités ne s’appliquent pas à un défaut de compétence en IA. L’article 99 de l’EU AI Act échelonne clairement les amendes :

  • 35 millions d’euros ou 7 % du chiffre d’affaires annuel mondial – exclusivement pour les pratiques interdites au titre de l’article 5.
  • 15 millions d’euros ou 3 % – pour les manquements à certaines autres obligations (notamment les art. 16, 22, 23, 24, 26, 31, 33, 34 et 50).
  • Il n’existe pas de catégorie d’amende propre à l’article 4. Les sanctions en cas de manquement à l’obligation de compétence en IA sont fixées au niveau national par les États membres (article 99, paragraphe 1).

Pour les petites et moyennes entreprises, c’est à chaque fois le montant le plus faible des deux qui s’applique (article 99, paragraphe 6). La « panique des 35 millions » largement répandue au sujet d’une formation du personnel manquante est donc factuellement fausse – c’est l’analyse juridique sobre qui est sérieuse.

Qu’est-ce qui change le 2 août 2026 ?

Le 2 août 2026 débute la surveillance nationale du marché. La Commission européenne indique que les autorités « will start supervising and enforcing the rules as of 2 August 2026 ». À partir de cette date, l’article 4 est activement surveillé : l’obligation de compétence s’applique certes depuis février 2025, mais ce n’est que maintenant qu’elle est assortie d’une autorité chargée de la faire respecter. Le calendrier en un coup d’œil :

DateCe qui s’applique ou se produit
2 févr. 2025L’article 4 (compétence en IA) s’applique – aux fournisseurs et aux déployeurs (art. 113, point a)
2 août 2025Les règles relatives aux modèles d’IA à usage général ainsi que le cadre des sanctions s’appliquent (art. 113)
2 août 2026La surveillance nationale du marché débute, avec contrôle et application
prévu : 2 déc. 2026Marquage des contenus générés par l’IA (reporté par le Digital Omnibus, pas encore en vigueur)
prévu : 2 déc. 2027Obligations à haut risque pour les systèmes autonomes, annexe III (reporté, pas encore en vigueur)
prévu : 2 août 2028Obligations à haut risque pour les systèmes intégrés à des produits (reporté, pas encore en vigueur)

Les échéances indiquées pour décembre 2026 et au-delà dépendent du Digital Omnibus, qui n’est pas encore en vigueur le 4 juillet 2026 (voir la section suivante).

Que change le Digital Omnibus ?

Le Digital Omnibus est un règlement modificatif adopté qui assouplit l’AI Act sur plusieurs points. Le Parlement européen l’a approuvé le 16 juin 2026 et le Conseil le 29 juin 2026. Il attend toutefois encore sa publication au Journal officiel et n’est pas en vigueur le 4 juillet 2026.

Ont notamment été adoptés : le report des obligations à haut risque au 2 décembre 2027 (systèmes autonomes relevant de l’annexe III) et au 2 août 2028 (systèmes intégrés à des produits) ; le report du marquage des contenus générés par l’IA au 2 décembre 2026. L’article 4 devrait lui aussi être assoupli. Point décisif : à la date de juillet 2026, l’article 4 s’applique sans changement ; une modification adoptée mais pas encore entrée en vigueur devrait assouplir l’obligation. Le texte final n’est pas encore disponible sur EUR-Lex.

En Allemagne, le Bundestag (le parlement fédéral allemand) a adopté la loi de mise en œuvre de l’IA (KI-Durchführungsgesetz) le 11 juin 2026 ; la décision du Bundesrat (la chambre haute allemande, qui représente les Länder) est attendue pour le 10 juillet 2026 (situation : juillet 2026). L’Agence fédérale des réseaux (Bundesnetzagentur), le régulateur fédéral allemand, est désignée comme autorité centrale de surveillance du marché (la BaFin, l’autorité fédérale de supervision financière, pour le secteur financier), aux côtés d’un service de coordination et de compétence (KoKIVO).

Comment les entreprises documentent-elles la compétence en IA ?

La voie pragmatique suit exactement la recommandation de la Commission : une trace interne et traçable des formations. En quatre étapes :

  1. État des lieux : qui travaille avec quels systèmes d’IA et dans quel contexte d’utilisation ?
  2. Formation adaptée au rôle : les bases pour l’ensemble du personnel, davantage de profondeur pour les personnes exposées à un risque ou à une responsabilité plus élevés.
  3. Justificatif daté : consigner la participation, le contenu et la date – un certificat daté y répond sans effort supplémentaire.
  4. Maintenir à jour : reformer en cas de nouveaux outils, de nouveaux rôles ou d’évolutions juridiques.

Un programme numérique couvre cela efficacement. Le certificat de compétences en IA en environ 90 minutes transmet les bases à partir de 9,90 € par salarié et fournit un justificatif daté et vérifiable par QR code, précisément pour cette documentation interne. Pour les équipes plus importantes ayant des besoins de rôles et d’approfondissement, une formation EU AI Act pour les équipes structurée est indiquée.

Questions fréquentes (FAQ)

La compétence en IA au sens de l’article 4 est-elle obligatoire ?

Oui. L’article 4 de l’EU AI Act s’applique depuis le 2 février 2025 et impose aux fournisseurs et aux déployeurs de systèmes d’IA de veiller à une compétence en IA suffisante de leur personnel.

Ai-je besoin d’un certificat pour respecter l’article 4 ?

Non. Selon la Commission européenne, une trace interne des formations suffit. Un certificat est facultatif, mais il sert de justificatif pratique et daté.

Risque-t-on une amende de 35 millions d’euros en l’absence de formation ?

Non. Le montant maximal de 35 millions d’euros ou 7 % du chiffre d’affaires ne s’applique qu’aux pratiques interdites au titre de l’article 5. L’article 4 n’a pas de catégorie d’amende propre ; les sanctions sont régies au niveau national par les États membres.

Que se passe-t-il le 2 août 2026 ?

À partir du 2 août 2026, les autorités nationales commencent à surveiller et à faire appliquer l’AI Act. L’obligation de compétence elle-même s’applique depuis février 2025.

L’article 4 s’applique-t-il aussi aux petites entreprises ?

Oui, quelle que soit la taille de l’entreprise. L’ampleur requise dépend toutefois du contexte ; pour les PME, c’est toujours le montant le plus faible qui s’applique aux amendes (article 99, paragraphe 6).

Le Digital Omnibus modifie-t-il l’obligation ?

Probablement oui – le règlement modificatif adopté devrait assouplir l’article 4. Au 4 juillet 2026, il n’est toutefois pas encore en vigueur, de sorte que l’article 4 s’applique sans changement.

Comment prouver la compétence en IA ?

Par une trace interne des formations, avec leur contenu et leur date. Un certificat vérifiable par QR code regroupe cette preuve, de façon vérifiable, en un seul endroit.

L’obligation s’applique-t-elle en Allemagne alors que la loi de mise en œuvre de l’IA n’est pas encore en vigueur ?

Oui. L’EU AI Act est un règlement d’application directe, en vigueur depuis le 2 février 2025. La loi nationale de mise en œuvre régit surtout les compétences et l’application ; le Bundesrat statue le 10 juillet 2026.

Sources

Avertissement : cet article constitue une information générale et non un conseil juridique. État du droit : 4 juillet 2026.

Partager l’article

Restez informé

Recevez les derniers articles, analyses et actualités du secteur directement dans votre boîte mail.

Prêt pour votre certificat de compétences en IA ?

Obtenez le certificat IA reconnu – flexible, en ligne et conforme au règlement IA de l’UE.